Les amies, j'ai parlé tout à l'heure à la manifestation et j'ai dit ceci :

Mesdames, Messieurs,

En ce mois de juin, la France se souvient.

Elle se souvient de l'Occupation.

Elle se souvient des résistants.

Elle se souvient de celles et ceux qui ont refusé de plier le genou devant la tyrannie.

Elle se souvient que la liberté ne se donne pas.

Elle se conquiert.

Et elle se défend.

Aujourd'hui, si nous sommes réunis devant vous, c'est parce que le peuple iranien mène son propre combat pour la liberté.

Pendant des décennies, les Iraniens ont été présentés comme un peuple soumis.

Pourtant, depuis près d'un demi-siècle, ils résistent.

Ils résistent dans les prisons.

dans les universités.

dans les usines.

dans les rues.

Ils résistent jusque dans les cimetières où reposent leurs enfants assassinés.

Car ce qui gouverne aujourd'hui l'Iran n'est pas l'expression de la volonté du peuple iranien.

C'est un régime d'occupation.

Une occupation idéologique qui a pris en otage une nation vieille de plusieurs millénaires.

Une occupation qui a détourné les richesses immenses de l'Iran pour financer une croisade idéologique qui n'est pas celle du peuple iranien.

Une occupation qui pille les ressources nationales pendant que les familles iraniennes s'enfoncent dans la pauvreté.

Une occupation qui emprisonne, torture et exécute ceux qui réclament simplement le droit de vivre libres dans leur propre pays.

Comme la France occupée hier, l'Iran occupé d'aujourd'hui ne demande pas la charité.

Il demande la solidarité.

L'histoire de France nous enseigne une vérité fondamentale :

Sans la Résistance, la France n'aurait pas été libérée.

Mais sans le soutien du monde libre, la Résistance n'aurait pas pu triompher.

Personne n'aurait osé dire aux résistants français :

« Débrouillez-vous seuls. »

Personne n'aurait osé expliquer à la France qu'elle devait négocier avec ceux qui l'opprimaient.

Pourquoi les Iraniens devraient-ils entendre aujourd'hui ce que les Français auraient refusé d'entendre hier ?

Nous ne demandons pas que d'autres fassent notre révolution à notre place.

Nous demandons que le monde cesse de soutenir nos oppresseurs.

Nous demandons que le monde reconnaisse la légitimité de notre combat.

Nous demandons que le monde se tienne du côté du peuple iranien.

Et ce peuple a payé un prix terrible.

Des milliers de prisonniers politiques.

Des milliers d'exécutions.

Des milliers de familles brisées.

Des milliers de jeunes tombés sous les balles du régime.

Parmi eux, beaucoup portaient le Lion et le Soleil.

Ce symbole n'est pas seulement un drapeau.

C'est le symbole d'une nation qui refuse de mourir.

C'est le symbole de ceux qui sont tombés en criant : « Iran ».

C'est le symbole de ceux qui ont donné leur vie pour que leur pays retrouve sa liberté.

Aujourd'hui, malgré toutes les tentatives de manipulation, malgré la propagande du régime, malgré les campagnes de désinformation, une figure rassemble l'immense majorité des Iraniens qui refusent à la fois la République islamique et les organisations ideologiques.

Cette figure est Le Prince Reza Pahlavi.

Pourquoi ?

Parce qu'il porte ce que réclame le peuple iranien.

La démocratie.

L'État de droit.

Les libertés fondamentales.

L'intégrité territoriale de l'Iran.

Et surtout le droit du peuple iranien à choisir librement son avenir par les urnes.

Il ne demande pas à être nommé.

Il demande que le peuple décide.

Voilà pourquoi tant d'Iraniens, quelles que soient leurs sensibilités politiques, se retrouvent aujourd'hui derrière lui.

Et nous adressons également un message clair aux gouvernements occidentaux.

Cessez de choisir à notre place ceux qui seraient censés nous représenter.

Cessez de fabriquer des oppositions artificielles.

Cessez de promouvoir des organisations rejetées par le peuple iranien.

Dans quel pays démocratique accepterait-on qu'une opposition soit désignée depuis l'étranger ?

Viendrait-il à l'idée de quiconque de présenter les candidats tolérés par le Kremlin comme la véritable opposition russe ?

Viendrait-il à l'idée de quiconque de leur attribuer des prix internationaux pour ensuite prétendre qu'ils représentent le peuple russe ?

Alors pourquoi imposer aux Iraniens ce que l'on n'accepterait pour aucun autre peuple ?

La voix de l'Iran est en Iran.

Elle est dans les prisons ,

dans les universités, dans les rues, dans les usines.

Elle est dans les rues de Téhéran, de Chiraz, d'Ispahan, de Tabriz, d'Ahvaz et de Zahedan.

Elle est chez les mères qui pleurent leurs enfants assassinés.

Elle est chez les jeunes qui continuent de risquer leur vie pour la liberté.

Mais ne nous y trompons pas.

Le combat du peuple iranien n'est pas seulement le combat d'une nation pour sa liberté.

Il est devenu l'un des grands combats de notre temps.

Car se battre pour un Iran libre, ce n'est pas seulement se battre pour les Iraniens.

C'est se battre pour un Moyen-Orient apaisé.

C'est se battre pour que les richesses d'une grande nation servent enfin son peuple au lieu d'alimenter les conflits, les milices et les guerres par procuration.

C'est se battre pour que les enfants de la région grandissent dans l'espoir plutôt que dans la peur.

C'est se battre contre ce que nous considérons comme l'un des principaux soutiens étatiques du terrorisme international.

C'est se battre contre les réseaux criminels qui prospèrent dans l'ombre de ce système, qu'il s'agisse du trafic de stupéfiants, du trafic d'êtres humains ou des circuits financiers qui alimentent l'instabilité.

C'est se battre pour la sécurité des peuples du Moyen-Orient.

C'est se battre pour la sécurité des peuples européens.

C'est se battre pour que les démocraties cessent de subir les conséquences de l'expansion de l'islamisme politique.

Lorsque les Iraniens réclament la liberté, ils ne défendent pas seulement leur avenir.

Ils défendent une vision du monde fondée sur la souveraineté des peuples, la démocratie, l'État de droit, les droits humains et la paix.

Voilà pourquoi notre combat dépasse les frontières de l'Iran.

Voilà pourquoi il concerne chaque homme et chaque femme attachés à la liberté.

Aujourd'hui, depuis la France, nous demandons simplement que cette voix soit entendue.

Souvenez-vous.

Souvenez-vous de la Résistance française.

Souvenez-vous de ceux qui ont refusé la soumission.

Souvenez-vous de ceux qui sont morts pour la liberté.

Souvenez-vous des milliers d'Iraniens tombés pour que vive leur nation.

Ne détournez pas le regard.

Ne restez pas neutres.

Comme l'a dit Elie Wiesel :

« La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. »

Alors aujourd'hui, nous vous lançons un appel simple.

Souvenez-vous.

Soutenez-nous.

Soutenez le peuple iranien.

Soutenez sa liberté.

Soutenez son droit à choisir son destin.

Et ensemble, faisons en sorte que bientôt, comme la France hier, l'Iran retrouve enfin sa liberté.

Vive l'Iran libre.

Vive l'amitié entre les peuples

Et vive la liberté.