1. Les racines historiques d’un engagement : de la répression de la pensée au mur informationnel
Pour ma génération, qui a été étudiante vers la fin des années 1990 et au cœur du soulèvement étudiant de juillet 1999, l’engagement politique et la construction de l’avenir de l’Iran n’étaient pas un choix. C’était une nécessité absolue, née d’une expérience vécue. Étudier la philosophie occidentale dans les universités iraniennes a été ma première confrontation avec une structure qui considérait la liberté de pensée et le questionnement comme une menace pour la sécurité nationale.
Comme beaucoup de mes contemporains, nous avons commencé notre activité politique à cette époque avec l’espoir de réformes. Cependant, la violente répression du mouvement étudiant de 1999 révéla la nature irréformable de la théocratie des ayatollahs. Plus tard, j’ai pu observer de près comment le système éducatif idéologique tentait de restreindre l’espace de pensée indépendante, jusque dans les salles de classe.
D’autres dimensions de cette structure tyrannique se sont révélées lors des soulèvements nationaux, et plus particulièrement après les coupures systématiques d’Internet. D’un point de vue analytique, la coupure d’Internet en Iran n’est pas un simple outil de censure. Elle fait partie intégrante de la stratégie du régime pour ériger un barrage contre la libre circulation de l’information en Iran.
En érigeant ce barrage, le régime poursuit trois objectifs :
• Paralyser l’économie et les réseaux civils en coupant les connexions des entreprises et en empêchant la coordination sociale.
• Créer une zone d’ombre propice aux crimes et à la répression, afin d’anéantir toute possibilité de documenter les violations des droits de l’homme.
• Terroriser psychologiquement la société par l’isolement et la rupture des liens entre le peuple et le monde extérieur.
2. L’évolution : de la critique civile à la lutte organisée en exil
La confrontation avec cette impasse structurelle et cette répression continue a poussé des millions d’Iraniens vers l’émigration et l’exil. Pourtant, la réponse de notre génération à cet exil n’a pas été la passivité. Le soulèvement de Mahsa (2022) a marqué un tournant, menant les potentiels latents et les frustrations accumulées vers un point d’explosion et de réinvention.
Ce soulèvement n’était pas un simple ensemble de protestations éparses. Il a marqué le début d’une lutte organisée, structurée et fondée sur la coopération nationale. L’expérience de la vie dans les démocraties occidentales a également permis de mettre les capacités de création d’institutions, de formation de cadres et d’organisation au service de l’avenir de l’Iran.
L'objectif est clair : créer un réseau de forces expertes et séculières capables d’empêcher, au jour de la transition, l’apparition d’un vide de pouvoir et la répétition des cycles de tyrannie.
3. Un Iran séculier et national : une nécessité au-delà des frontières iraniennes
Un Iran démocratique, séculier et fondé sur l’identité nationale n’est pas seulement l’aspiration du peuple iranien. C’est une nécessité stratégique pour la stabilité de la région et du monde. La chute de la République islamique aura des répercussions bien au-delà des frontières de l’Iran :
• La fin du soutien financier et militaire aux réseaux de procuration (proxies) et aux groupes déstabilisateurs de la région.
• Le renforcement de la sécurité énergétique et la réduction des tensions géopolitiques.
• La consolidation de l’État de droit, le développement économique et le retour des élites au pays.
• L’émergence d’un modèle réussi de transition démocratique au Moyen-Orient.
Dans une telle perspective, l’Iran peut devenir un acteur responsable, stable et fiable au sein de la communauté internationale. Un pays qui, au lieu d’exporter des crises, contribue à la préservation de la sécurité, à l’extension de la coopération et au développement.
4. Le rôle du prince Reza Pahlavi dans la transition vers un avenir stable
Le soutien au prince Reza Pahlavi ne découle pas d’un culte de la personnalité. C’est un soutien conscient, axé sur sa capacité à créer une convergence entre les différentes sensibilités politiques et sociales. Dans un contexte où l’opposition iranienne souffre de dispersion, la présence d’une figure capable de faire office de symbole d’unité nationale revêt une importance stratégique.
De ce point de vue, le soutien au prince Reza Pahlavi est une garantie pour dépasser la République islamique et parvenir à un gouvernement fondé sur le vote populaire, la laïcité, l’État de droit et les droits de l’homme.
5. Conclusion : Un Iran libre, la voie royale de la stabilité
La génération qui s’est forgée lors du soulèvement étudiant de 1999 et qui a atteint sa maturité politique lors du soulèvement de Mahsa est aujourd’hui plus prête que jamais à jouer son rôle dans la construction de l’avenir de l’Iran. Un avenir où l’État de droit, le développement durable et la dignité humaine remplaceront la tyrannie et l’idéologie.
Soutenir le peuple iranien et les forces séculières et démocrates ne revient pas seulement à soutenir une nation. C’est un investissement pour la stabilité régionale et mondiale. Un Iran libre peut devenir un partenaire fiable pour le monde et jouer un rôle constructif dans la sécurité et le développement international.
L’Iran libre sera non seulement un foyer sûr pour ses citoyens, mais il deviendra également l’un des piliers de la stabilité, de la coopération et du progrès dans la région et dans le monde.

